Les croix à Arconsat ( merci à Jean-françois FAYE)

Le premier rôle d'une croix fut de christianiser un lieu. En dehors des lieux de prière, les premières croix de village ont été d'abord érigées aux endroits où les Gaulois rendaient un culte païen. Ils y offraient des ex-voto et des dons. Ils allumaient des feux près des pierres en des lieux souvent sauvages et boisés.
Lors de la christianisation de la Gaule, les prédicateurs s'attaquèrent au culte de ces pierres. L'Eglise promulgua des lois et des interdictions pour les faire disparaître. Mais leurs éradications trop lentes obligea à recourir à d'autres procédés plus subtils et finalement plus efficaces.
L'Eglise récupéra en effet ces monuments à son profit en les christianisant soit par l'édification d'une église ou l'érection d'une croix sur leur emplacement. Elle jeta l'anathème sur d'autres lieux de culte en changeant leur nom pour les banaliser ou les maudire.
Plus tard, d'autres croix furent érigées pour servir de lieux de pèlerinage ou de procession, notamment en mémoire ou remerciement d'un vœu exhaussé. Ils servirent aussi de bornage ou de symbole de protection pour les communautés familiales, très répandues en montagne Thiernoise et très pieuses, qui les érigeaient.
Toutes ces motivations se retrouvent probablement dans les croix qui parsèment notre commune.
On distinguera ainsi les croix de villages, celles du bourg et des bois.

 

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Croix de Bras de fer

Posée sur un pilier en pierre, elle est accrochée au mur de la maison de Monsieur GROMOLARD. C'est une croix en fonte dont on ne connaît pas l'origine. C'est la plus chargée de symboles. Elle comporte en effet aux extrémités de chaque croisillon enfermé dans un losange ouvragé (sauf pour la hampe où le losange est remplacé par un cercle) les symboles des quatre évangélistes : Marc, Luc, Matthieu et Jean respectivement sous la forme d'un taureau, d'un lion et d'un aigle.ð Un lion pour Saint Marc. C'est le " lion de Judas " incarnant la royauté du Christ-Juge triomphant de la mort sur la croix ð Un taureau pour Saint Luc, en référence à ses versets traitant du prêtre Zacharie, membre de la tribu de Lévi dont l'emblème était un taureau. ð Un aigle au regard perçant pour. L'aigle est le seul animal à pouvoir contempler le soleil. Dans le prologue de son Evangile Saint Jean montre le Sauveur s'élevant dans les hauteurs célestes ð Un homme pour Saint Luc car c'est le seul à avoir donné la généalogie humaine du Christ.On notera également que, dans les premières lignes du livre d'Ezéchiel prophète de l'Ancien Testament, le char de Yahvé est soutenu par le lion, le taureau, l'aigle et l'Homme, chacun dotés d'ailes et ayant le visage tourné vers les quatre points cardinaux.A l'intersection des croisillons, un petit Christ de forme plutôt romaine est entourée d'une couronne (de laurier ?)L'intérieur de chaque bras de la croix est empli de feuille de vigne et en bas d'épis de blé, symbolisant le vin et le pain, largement développé dans la bible et symbole de l'eucharistie.

Croix de Mardan

Elle est fixée sur un socle derrière un bac à fleur, au croisement de la route du bourg et de la route départementale.C'est une croix en fonte, peinte en blanc, et trèflée. Le trèfle représente la Sainte Trinité chrétienne.Elle comporte également plusieurs symboles. A l'intersection des croisillons, une vierge drapée est en prière. Deux serpents semblent la fuir à l'intérieur des deux croisillons horizontaux. Au centre de la hampe, on devine de haut en bas : une colombe, symbole de paix et de l'amour, un cœur, symbole du Sacré-Cœur et une amphore, récipient sacré.

Croix du Trimège à ROSSIGNOL

Elle existe depuis fort longtemps. Elle est en effet plusieurs fois citée dans les partages de terres des habitants de Rossignol, notamment en 1674 et 1707. Il s'agit donc d'une croix de domaine, probablement érigée par la communauté familiale vivant en ces lieux pour mettre leurs propriétés sous la protection divine.Le socle en pierre semble ancien, la croix est de forme classique. Mais, ayant été plusieurs fois restaurée, il ne peut s'agit de la croix primitive.


Croix des 3 Pierres à ROSSIGNOL

Cette croix est sans doute récente, elle n'est en effet jamais évoquée dans les actes notariés comme la croix du Trimège. De plus, elle est placée à l'angle du chemin des trois pierres et de la départementale 64. Or, le chemin des trois pierres est de création récente. Il a semble-t-il remplacé, mais en adoptant un nouveau tracé, le chemin ancestral, dénommé " sous le puy " dans les actes notariaux anciens.C'est une croix en fonte très simple, avec un cœur fixé à l'intersection des croisillons, ces derniers se terminant par une sorte de pointe de flèche.

 

Croix de LASPIAUX

Il y a aujourd'hui deux croix à Laspiaux :ð La première est située à gauche à l'entrée du village en venant du bourg.C'est une croix en fonte, assez simple, portant un Christ de type gothique , fixée sur une haute pierre brute très élancée et rudimentairement taillée.Une légende court sur cette croix. Des commis de Laspiaux passant par le Gas croisèrent une brebis égarée. L'un d'eux décida de la ramasser. Il l'attrapa sans grande difficulté et la souleva pour la déposer sur ses épaules. Puis, il chemina jusqu'à Laspiaux. Mais, plus il se rapprochait de la croix de Laspiaux, plus la brebis sur ses épaules devenait lourde ; à tel point que, parvenu devant la croix, il décida de la relâcher en disant :" Et que le diable t'emporte ! "La brebis se retourna et lui répondit, avant de disparaître " C'est le diable que tu portes ! "ð Le seconde, un peu plus loin, toujours à gauche porte sur son socle, de pierre finement taillée, l'inscription : BEGON OSSEDAT 1843, probablement les noms de ceux qui l'ont fait ériger. Il s'agit également d'une petite croix en fonte, avec un Christ assez semblable à la précédente.

 

Croix de BONJEAN

Fixée sur un socle de pierre le long d'un mur, l'ancienne croix très abîmée a été remplacée par une croix du cimetière d'Arconsat. C'est celle de la tombe de la famille HERMILLE. Roland HERMILLE l'avait conservée lorsqu'il a fait refaire la pierre tombale de la sépulture familiale au décès de ses parents. Il en a fait don à la commune pour remplacer la vieille croix de BONJEAN. Elle n'est donc pas représentative et n'est pas chargée des mêmes symboles que les autres croix des chemins ou villages.

 

Croix de La Pauze

L'ancienne croix très abîmée a été restaurée et fixée sans socle sur un mur le long de la route. C'est une croix en fonte, peinte en blanc, comportant un cœur central duquel semble partir de nombreux symboles végétaux, tels les épis de blé terminant les trois croisillons.

 

Croix des Cros

Une croix en fonte sans histoire connue, remplaçant probablement une plus ancienne placée à cet endroit. Le socle, imposant, composé de gros de pierre cimentée, est surmonté d'une dalle carrée portant la date 1884.

 

 

Croix des morts

Les habitants des Cros, mais aussi de Bonjean et de La Pauze portaient leurs morts sur un brancard jusqu'à l'église du Bourg en suivant l'ancien chemin traversant la " Planche de pierre " . Presque à mi-chemin de Laspiaux, en haut d'une montée, ils prirent l'habitude de faire une pause toujours au même endroit. Quelqu'un eut un jour l'idée d'ériger à cet endroit une croix qu'on appela " croix des morts ".Plusieurs fois restaurée, c'est aujourd'hui une simple croix en bois avec un christ en métal, fixée sur une ancienne pierre tombale récupérée dans l'ancien cimetière. Il y est inscrit :ICIRIP INRI LA FAMILLEPINAYTREILLEAU BOURGIci repose en paix, la famille PINAY TREILLE au bourg

 

Croix de Lunel

Elle est située près de la maison de Madame FAYE à gauche en allant du bourg à Croix St Martin.Elle porte l'inscription GG 1883, date de son érection.Croix en fonte, avec une petite étoile centrale à 5 branches, fixée sur un socle en pierre de faible taille. Un serpent grimpant mais tête vers le bas, symbolisant le mal, enlace une amphore, symbole d'un vase sacré.

 

Croix du Moulin de Lunel

 

Elle vient d'être remise cet été sur son socle à l'endroit où elle avait été érigée à une date qui est postérieure à 1773 (elle ne figue en effet pas sur un plan datant de cette époque)

 

Croix de la Croix Saint Martin

Initialement, il existait une croix au croisement du chemin de Lunel et du " Grand chemin ", l'actuelle départementale 324. A l'époque où le village de Croix Saint Martin n'existait pas encore, elle portait le nom de " croix de Lunel ".D'après l'abbé CANARD, cette croix daterait de la construction, entre 1710 et 1720, du " Grand Chemin " de Roanne à Thiers " dont le parcours était jalonné de croix de fer, toutes de même dimensions, érigées surtout au passage des cols. Elle fut donc placée au dernier col avant Chabreloche. Elle fut sans doute ensuite consacrée à Saint Martin et à l'origine du nom du village " Croix Saint Martin " qui réunissait les quelques maisons qui furent construites à cet endroit.Est-ce toujours la même croix qui est posée sur un pied en pierre s'amincissant vers le haut ? En tout cas, les 3 croisillons se terminent bien par une fleur de lys, symbole dans ce cas de la voie royale. C'est, semble-t-il une croix en fer forgé, de simple facture : deux branches boulonnées au centre, sans Christ.

Croix de la Prade

Il y a une dizaine d'année Jeannot ROCHON l'avait cassée et l'a fait ressouder par Michel COTE. Les riverains se souviennent qu'elle était décorée chaque année pour la procession des Rogations.Les Rogations constituaient une fête liturgique s'échelonnant sur trois jours, du lundi au mercredi précédant l'Ascension. Le curé en tête de cortège traversait le territoire de la paroisse en s'arrêtant à chaque croix afin de bénir les prés et les champs pour les protéger garantir, par des prières adéquates, contre les " forces du Mal ". Ces croix avaient été en général placées au bord des chemins, donnant sur les prés et les cultures.Croix en fonte peinte en noir, la Croix de la Prade supporte un Christ de type gothique dont les bras et le torse sont entourés d'un cercle orné de quatre étoiles aux quatre coins cardinaux (une étoile a disparu). Deux anges soutiennent de chaque coté la hampe.

Croix de la Chevalerie

Elle était située près du bac sur un socle en bois. Il y a plus de 20 ans, menaçant ruine, elle en fut détachée et fixée au mur de la maison d'en face.Il s'agit d'une croix de fonte portant une vierge bras ballants et ouverts. Les extrémités des croisillons sont ornées, semble-t-il de trois feuilles de laurier, symbolisant la sainte trinité. La hampe est décorée d'une petite rosace

 

 

Croix de la Meule

Restaurée il y a une dizaine d'année par le maire de l'époque. Elle devait être bénite par l'abbé VEDRINE mais il n'eut pas le temps de le faire. De son vivant, Adèle THOLY la fleurissait régulièrement.C'est une petite croix en bois, perchée sur deux blocs de pierre. Elle porte un Christ en fonte de forme gothique..

 

 

Croix des Missions

Tous les dix ans environ, les missions s'installaient dans la paroisse. Le but des prêtres missionnaires était de réactiver la ferveur des paroissiens. Ils organisaient durant une dizaine de jours pour ce faire de nombreuses animations, messes, processions, veillées de prière. A l'issue, on érigeait une croix, dite croix de mission. Celle d'Arconsat porte l'inscription de sa date de création : M (pour " mission ") 1869. Remplaçait-elle une croix plus ancienne ?C'est une croix latine de haute taille dont les branches en fer forgé sont ajourées et composées d'une succession de croix grecques aux branches arrondies et discoïdales. Les branches principales se terminent par des fioritures en fer forgé.Une statue d'un Christ de type gothique, mais aux pieds parallèles y est accrochée.Cette croix a été restaurée il y a une quinzaine d'année. Dans son socle en pierre ( ?) haut d'1m50 ( ?) est enfermée une boîte contenant le nom de ceux qui l'ont restaurée : Joseph FAYE, Guy ISSARD et Bernard PASQUET.

Croix du Cimetière

Elle trône au milieu du cimetière, sur la pierre tombale, récemment restaurée du curé GRANGE. Celle-ci porte l'inscription " Ici repose Pierre GRANGE décédé le 11 décembre 1853 curé d'Arconsat, âgé de 49 ans. Priez pour lui "Cette une croix en granit, aux branches cylindriques, de type latine et de grande dimension. Comme toutes les croix cimetériales, elle vise à délimiter le terrain liturgiquement aux quatre points cardinaux. Elle porte d'un coté, sous son monogramme INRI, le Christ crucifié aux pieds superposés mais aux bras horizontaux et à la tête nue ; de l'autre une vierge à l'enfant.L'année 1848 est inscrite sur le socle.

 

Croix du Monument aux morts

Cette croix, en pierre de Volvic, qui se trouve actuellement dans la grande rue du bourg, à côté du monument aux morts avait été érigée par Pierre-Gabriel Chapelle conseiller du roi, lieutenant particulier et assesseur civil et criminel de la châtellenie royale de Cervières, greffier en chef des finances de la Généralité de Riom.Son socle en pierre porte la mention : " Buisson, curé, R.G. Chapelle, luminier honoraire " . Renversée pendant la révolution, elle fut ensuite rétablie par les " soins de Riberolles aîné, maire, F. Planche, curé, Riberolles cadet, luminier honoraire ", ainsi que l'apprend une seconde inscription gravée dans la pierre du socle.C'est une croix aux amortissements campaniformes, portant un Christ d'un coté et une Vierge au revers. Sur le socle en forme de pyramide tronquée sont de chaque coté une croix grecque cerclée dont les extrémités des croisillons font penser à une forme d'os. Faut-il y voir un symbole de mort ? Si oui, il est curieux de constater que bien plus tard on ait choisi précisément cet endroit pour y ériger le monument aux morts !

 

 

Croix du Château

Elle est située devant l'usine désaffectée de …(?)…, sur un dôme de pierre cimentée. Elle n'est pas très grande, comparée aux autres croix du bourg. Ces bras de forme cylindrique sont nus. Elle ne porte aucune inscription ni statue.Le jour de la Fête-Dieu, un reposoir est installé devant cette croix et constitue l'une des destinations de la grande procession qui parcourt les rues du bourg ce jour-là.

 

Croix dite " de Mercier "

 

Située presque en face de la maison aujourd'hui inhabitée des Mercier, elle fut sans doute érigée, comme son nom l'indique, par la famille Mercier. C'est une petite croix en fonte portant un Christ plutôt de type romain.

 

 

Croix du Jubilé

Croix aujourd'hui disparue.En 1793, elle fut abattue en même temps que la démolition du clocher de l'église. Une délibération du Corps municipal, du 30 juin 1797 mentionne qu'il " reste des belles pierres de Volvic, qui sont les débris de l'ancienne Croix du Jubilé ". Il est décidé de les utiliser " pour faire les marchepieds du maître-autel et les degrés pour arriver au chœur de l'église "Quand avait-elle été érigée ?Le premier jubilé chrétien date de 1300 et Boniface VIII avait prévu un grand jubilé tous les siècles. Mais comme le jubilé juif se répétait tous les cinquante ans, le pape Clément VI décida en 1343 de fixer le jubilé suivant à l'année 1350 et ensuite tous les 50 ans. Urbain VI en 1389 décréta une nouvelle périodicité de trente-trois ans, correspondant à la durée de la vie terrestre du Christ. Paul II, en 1470, réduisit l'intervalle à vingt-cinq années, soit un Jubilé par génération. Un jubilé fut donc célébré tous les vingt-cinq ans sauf au 19e siècle, où les circonstances politiques et sociales ne permirent qu'un seul en 1825. Les quatre derniers jubilés ordinaires eurent lieu en 1925, 1950 et 1975 et 2000.L'ancienne croix commémorait donc le dernier jubilé du 18ème siècle celui de 1775 ou un des précédents (1750 ou 1725 ?)

Les croix des bois  

Croix de Montoncel

Elle fut érigée en 1976 et scellée par Albert Claude CHAMBON en présence des curés d'Arconsat, de Saint Priest la Prugne et de Saint Just en Chevallet..

Croix de N.D. des Champs

 

Elle fut érigée le 24 novembre 1946 derrière la statue de N.D. des Champs. Le vicaire général LESTRADE présida à la cérémonie. Tout le parcours de la procession était orné de sapins enguirlandés et de nombreux arc de triomphe. La grande croix de chêne fut portée par un groupe d'anciens prisonniers et déportés. Elle porte l'inscription : A.P.G / S.T.O. 1939-1945 A NOTRE-DAME MERCI MISSION 1946

 


A notre connaissance, il n'y a pas (ou plus) de croix à Bêche, Chol et Gouttebarge
Les croix du bourg

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